Je suis en larmes… voici les rares photos de la mairie de Limoges, vue de l’intérieur. 143 ans d’histoire et de beauté, ravagés en une nuit. Elle avait survécu à deux guerres mondiales.
Inaugurée le 14 juillet 1883 grâce au legs d’Alfred Fournier, pensée par l’architecte Charles-Alfred Leclerc (Grand Prix de Rome), elle était le château de la République des Limougeauds : style néo-Renaissance inspiré de l’ancien Hôtel de Ville de Paris, escalier d’honneur aux marbres roses, toiles marouflées d’Henri-Paul Motte sur le palier (l’union du Limousin à la France et l’atelier de Léonard Limosin), plafond du Salon Bleu, salle des mariages peinte avec son « Ubi Fides Ubi Amor »… Tout cela, les ors, les boiseries, les allégories de l’orfèvrerie et de l’émaillerie, le campanile de 43 mètres, parti en fumée. La partie historique est quasi entièrement détruite à l’intérieur. La toiture s’est effondrée, le beffroi est tombé. Il ne reste qu’une coquille vide là où des générations se sont mariées, ont fait enregistrer leurs enfants, ont siégé pour décider de l’avenir de la ville. Un monument historique depuis 1975, symbole de la maison commune, brûlé volontairement en quelques heures. Les Limougeauds sont sous le choc, en colère et en deuil.La République tient encore, disent certains, mais le cœur patrimonial de la ville a été arraché. On parle déjà de reconstruction, mais rien ne remplacera ces décors, ces souvenirs, cette lumière particulière qui filtrait dans ces salles.
I’m in tears… here are the rare photos of Limoges town hall, seen from the inside. 143 years of history and beauty, ravaged in a single night. It had survived two world wars.
Inaugurated on July 14, 1883, thanks to the legacy of Alfred Fournier, designed by architect Charles-Alfred Leclerc (Grand Prix de Rome winner), it was the castle of the Republic for the people of Limoges: neo-Renaissance style inspired by the old Paris City Hall, grand staircase with pink marbles, marouflaged canvases by Henri-Paul Motte on the landing (the union of Limousin with France and the workshop of Léonard Limosin), ceiling of the Blue Salon, wedding hall painted with its “Ubi Fides Ubi Amor”… All of that—the gilding, the woodwork, the allegories of goldsmithing and enameling, the 43-meter bell tower—gone up in smoke. The historic section is almost entirely gutted inside. The roof has collapsed, the belfry has fallen. All that remains is an empty shell where generations were married, had their children registered, and sat to decide the city’s future. A historic monument since 1975, a symbol of the communal home, deliberately burned in just a few hours. The people of Limoges are in shock, angry, and grieving. The Republic still stands, some say, but the city’s patrimonial heart has been torn out. Talk of reconstruction is already underway, but nothing will replace those decorations, those memories, that particular light that filtered through those rooms.


